La Francophonie – historique – organisation institutionnelle
Historique |
A la fin des années 60, l'usage du français en tant que langue de communication entre les nouveaux Etats nés de la décolonisation favorise l'émergence d'une communauté francophone et confirme le statut international de la langue française, véritable "outil" de coopération et de développement. Même si la langue française est utilisée sur les cinq continents, il n'existe pas encore de conscience collective du fait francophone. L'éclatement des moyens de communication brisera l'isolement des utilisateurs de la langue française et contribuera à l'émergence d'une prise de conscience collective du monde francophone. Les parlants français commencent à se réunir et à former des associations francophones où la langue française est la langue de communication officielle. Le nouveau monde associatif francophone apparaît petit à petit sous la forme de groupements et d'assemblées. En 1960, à Paris, se déroule la première session de la Conférence des Ministres de l'Education nationale des pays d'expression française (CONFEMEN). En 1961, à Montréal, est constituée l'Association des Universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF) active dans le domaine de l'enseignement supérieur et de la recherche et dont l'objectif principal est le développement d'une conscience internationale et d'un esprit de coopération au service de la pluralité culturelle et du progrès scientifique. En 1987, l'AUPELF a créé en son sein l'Université des réseaux d'expression française (UREF) en vue de favoriser la solidarité entre les chercheurs francophones. A la faveur de l'apparition d'une véritable communauté francophone, la nécessité de réunir dans une association interparlementaire les Parlements de tous les pays où l'on parle le français devient essentielle. En 1967, fut donc constituée l'Association internationale des Parlementaires de langue française (AIPLF). Dès sa création, l'AIPLF a préconisé la mise en place d'une institution intergouvernementale de la Francophonie. Ainsi, en 1970, est née, à Niamey, l'Agence de Coopération culturelle et technique. En 1986, le monde de la Francophonie élargit ses structures institutionnelles en tenant à Paris, la première Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la majorité des pays ayant en commun l'usage du français. La tenue du premier Sommet francophone à Paris allait procurer une légitimité formelle à la Francophonie et lui donner un poids politique plus lourd dans l'échiquier mondial. Dès lors, les chefs d'Etat et de gouvernement utilisant le français se réunissent tous les deux ans pour discuter de politique internationale, élaborer des projets de coopération et adopter la programmation multilatérale francophone. La construction d'une "communauté solidaire" de peuples divers est amorcée. Ces peuples, différents par leurs situations politiques et économiques et par leurs références culturelles ont tous en partage le français. Le premier Sommet de la Francophonie tenu à Paris en 1986 sera suivi des Sommets de Québec (1987), Dakar (1989), Chaillot (1991), Maurice (1993), Cotonou (1995) et Hanoï (1997), Moncton (1999),.Beyrouth (2002). Le Xe Sommet de la Francophonie aura lieu à Ouagadougou (Burkina Faso) à l'automne 2004. Lieux d'échange et de concertation, les Sommets se divisent généralement en deux parties; la première est de nature politique et économique et la deuxième concerne la coopération et le développement. Les Sommets francophones sont des instances fondamentales de la Francophonie qui prévoient la tenue de rencontres périodiques dans le but de dégager les orientations et de définir les priorités. Chacun des Sommets aborde un thème différent, en fait un examen et adopte une Déclaration. Une fois les objectifs fixés, des programmes sont structurés et mis en oeuvre. Ces échanges ont contribué à développer le sens de l'appartenance à la famille francophone. A l'aube du XXIème siècle, le monde connaît des profonds bouleversements politiques, économiques, technologiques et culturels. Pour rester présente et utile, la Francophonie doit s'adapter à cette mutation historique. A Cotonou, en décembre 1995, le moment était venu de donner à la Francophonie sa pleine dimension politique. A Hanoï, en 1997, les Chefs d'Etat et de gouvernement ont élu dans cette perspective un Secrétaire général, Boutros Boutros-Ghali. Le Secrétariat général est une des clés de voûte du système institutionnel francophone parce qu'il fallait donner à ce cadre institutionnel le support juridique qui manquait aux instances issues des Sommets. La Charte de l'Agence, qui devient la Charte de la Francophonie, fournit cette base légale. Notons que c'est aussi à Hanoï que le Belge, Roger Dehaybe fut nommé en qualité d'Administrateur général de l'Agence intergouvernementale. En septembre 1999, le huitième Sommet francophone de Moncton fut placé sous le thème de la jeunesse. Un dialogue réel a eu lieu entre les Chefs d'Etat et de gouvernement d'une part et une quinzaine de représentants de la jeunesse francophone d'autre part. La Francophonie politique se voit ainsi de plus en plus interpellée pour agir en matière de démocratie et de droits de l'Homme. Le Sommet de Beyrouth, premier Sommet francophone en terre arabe, s'est tenu en octobre 2002. Il eut pour principaux résultats :
L'histoire grâce à laquelle le monde qui partage la langue française existe et se développe, on la doit à ces multiples organisations privées et publiques qui collaborent au rayonnement de la langue française et au dialogue des cultures. On la doit surtout à l'Agence de Coopération Culturelle et Technique, seule organisation intergouvernementale de la Francophonie, qui, depuis 1970, exerce une action multilatérale originale. Voilà pourquoi, elle devient l'Agence de la Francophonie. |
Organisation institutionnelle |
Outre, la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement ayant le français en partage, qui demeure l'instance suprême de la Francophonie, la Conférence ministérielle de la Francophonie (composée des ministres des Affaires étrangères ou des ministres chargés de la Francophonie de tous les Etats et gouvernements membres) reste responsable de la préparation des Sommets et veille également à l'exécution des décisions prises. Le Conseil permanent de la Francophonie présidé par son Secrétaire général est composé des représentants personnels dûment accrédités (par les chefs d'Etat et de gouvernement). Il veille notamment à l'exécution des décisions prises par la Conférence ministérielle et exerce un rôle de coordonnateur et d'arbitre en ce qui concerne les volets politique, économique et de coopération. L'Agence de la Francophonie est l'unique organisation gouvernementale de la Francophonie. Elle est l'opérateur principal des programmes décidés par le Sommet. L'Assemblée parlementaire de la Francophonie est l'Assemblée consultative, lien démocratique entre gouvernements et peuples de la Francophonie. |
L'Assemblée parlementaire de la Francophonie – présentation – structures et organes
Présentation |
Au plan des relations interparlementaires multilatérales, le Parlement de la Communauté française participe activement aux travaux de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). Depuis 1984, la section de la Communauté française de Belgique y assure, de manière exclusive, la représentation parlementaire belge. L'APF ( qui s'est appelée jusqu'en juillet 1998 AIPLF, Assemblée internationale des parlementaires de langue française ) est reconnue par la Charte de la Francophonie comme l'Assemblée parlementaire consultative de la Francophonie. Elle assure le lien démocratique entre les institutions et les populations des pays qui y sont représentés. L'APF est un lieu de débat, de propositions et d'échanges. Les sessions permettent avant tout l'échange d'informations entre parlementaires de pays différents sur tous les sujets d'intérêt commun. Conformément à son rôle d'Assemblée, elle émet à titre consultatif des avis et formules de recommandations à la Conférence des chefs d'Etat et de Gouvernement des pays ayant le français en partage et à ses instances. |
Structures et organes |
Le fonctionnement de l'APF s'appuie sur son Assemblée plénière, son Bureau, son Secrétariat général, ses Assemblées régionales (Afrique, Amérique, Europe) qui tendent à donner à l'Assemblée un caractère plus décentralisé et enfin sur ses commissions permanentes. Celles-ci sont au nombre de quatre: la Commission politique et de l'Administration générale; la Commission de l'Education, de la Communication et des Affaires culturelles; la Commission des Affaires parlementaires et la Commission de la Coopération au développement. Les sujets abordés dans le cadre des Commissions permanentes sont extrêmement nombreux et variés. Ils vont des Commissions d'enquêtes parlementaires aux dossiers d'éducation en passant par le sida et les droits des personnes dans l'espace francophone. Le Parlement de la Communauté française assume à tous les niveaux des rôles principaux tels ceux de Vice-Président international, Chargé de Mission Europe, rapporteur dans les commissions permanentes. Il participe également aux Séminaires parlementaires comme ce fut le cas notamment au Gabon en avril 98 à l'occasion de la Conférence internationale sur le bilan de la démocratisation en Afrique, à Antanarivo en 99, à Niamey en 2000, à Bissau en 2001, au Burkina Faso en 2003. Enfin, des parlementaires de la Communauté française sont également présents dans le cadre de missions d'observation d'élections. Celles-ci sont organisées conjointement par l'Agence de la Francophonie et l'APF dans le cadre de la mise en oeuvre du programme mobilisateur " un espace de liberté, de démocratie et de développement " suite au Sommet de Chaillot de 1991. Parmi elles, citons les missions effectuées, dernièrement, par des parlementaires de la Communauté Wallonie Bruxelles au Congo Brazzaville, au Bénin, au Cambodge et au Rwanda. Soulignons que deux d'entre elles, ont été assumées par des femmes parlementaires : la promotion de l'égalité des chances est en effet un des objectifs poursuivi par la Communauté française de Belgique. A cet égard, notons qu'une députée de la Communauté française fut désignée en 2003, en qualité de Vice-Présidente du Réseau des Femmes de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie. |
Le secrétariat général de l'APF |
M. Jacques LEGENDRE, Membre du Sénat de la République française, Secrétaire général parlementaire M. Jean-Yves PAUTI, Secrétaire général administratif Mme Bénédicte FERRIERE, Secrétaire générale administrative adjointe Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) 235, Boulevard Saint-Germain 75007 PARIS - FRANCE Tél : 00-33-1-40.63.91.60 Télécopieur : 00-33-1-40.63.91.78 Pour plus amples informations en la matière, nous vous invitons à visiter également le site de l'APF international. |