Xavier MARY
Lauréat
"De la tautologie à l'espace autre Objet industriel" Façonné par les caractéristiques d'une époque post industrielle l'objet est aujourd'hui au centre de notre condition. Produit d'une technologie des formes devenue complexe, il est, plus que jamais, au coeur des agencements collectifs. Par ce double aspect, de projection de notre réalité autant que produit du réel, il constitue un point de pivot, une forme de condensation l'espace en lui-même. Objet sculptural tautologique Une réinterprétation du réel passera alors inévitablement par un requestionnement de l'objet. Et envisager la possibilité de production d'espaces autres1 implique obligatoirement un repositionnement de l'objet. Conformément aux exigences d'un programme moderniste tardif2, l'objet sculptural considéré comme forme autonome ne se réfère à aucun temps ou espace au-delà de lui-même. Objet tautologique3 par excellence, son statut sert ici de case vide pour une reprogrammation du réel, une base pour un autre possible. Espace autre Délié de tout rapport extrinsèque l'objet retourne alors à son essence pour redéployer sa logique propre. Précédemment postulé comme forme de négation, l'isolement de l'objet est alors interverti pour affirmer l'existence d'un espace à réinventer. Au croisement du réel et du virtuel, un nouveau rang d'objets spécifiques voient alors le jour. Vocabulaire d'une nouvelle expérience du sensible, ils se distribuent dans l'interface physique pour dresser la topographie d'un espace autre : une pratique sculpturale tournée vers l'avènement du retour d'un réel retourné3." 1. Pour une définition des espaces autres et un développement du principe d'hétérotopie voir MICHEL FOUCAULT, « Des espaces autres », Dits et écrits, 1984. 2. Voir HAL FOSTER « Le retour du réel », MIT, 1996, p. 74 3. Pour une définition de l'Objet tautologique comme figure emblématique pour envisager le monde visible voir GEORGES DIDI-HUBERMAN, « Ce que nous voyons, Ce qui nous regarde », Les éditions de minuit, 1992, p. 27-36 | |
Maren DUBNICK
"Epaississement traite surtout de la notion du temps et de la représentation (visuelle) de l'infini. Le geste "obsessivo-répétitif" d'enroulement et le processus de travail monotone sont liés à l'idée de l'écoulement du temps. Le corps (de l'objet oeuvre) résultant peut être considéré comme une densification du temps dans l'espace. L'accumulation du fil devient un lieu protecteur – le centre de la concentration qui permet de pénétrer dans un autre espace - celui du non temps-moment. Notion de la tensionIl y a un rapport entre la balance des tensions et l'harmonie. Un certain calme, une certaine lenteur, un équilibre mental sont nécessaires à la production. Le processus de travail mène en retour à un certainéquilibre mental." | |
Elodie ANTOINE
"Elodie Antoine invente des objets hybrides mêlant des éléments issus d'univers dissemblables, voire contradictoires; un rouge à lèvres en forme de mèche à béton, des centrales nucléaires en dentelle, une culture de bacilles en broderie, des tuyauteries en feutre ou des usines en tissus matelassés... Dans ses installations il arrive qu'un élément se reproduise jusqu'à coloniser l'espace –des champignons textiles dans une forêt à Zwalm, ou même les moulures d'un plafond. Ses éléments ordinairement inanimés se voient dotés d'une vie propre, contaminent l'espace comme le ferait un champignon, une moisissure, bousculant l'ordre établi et suscitant tour à tour des sentiments de curiosité, d'attraction et de répulsion." | |