Communiqué de presse
Mercredi 17 septembre 2008
La problématique du suicide continue d'interpeller, qu'elle touche les jeunes, les aînés ou toute personne. Selon les estimations de l'OMS, rien que pour l'année 2000, approximativement 1.000.000 de personnes se sont suicidées de par le monde. D'après les statistiques de 1997, en moyenne 6 personnes se suicident par jour en Belgique.
A l'initiative et sur proposition d'Anne-Marie Corbisier et Marc Elsen (cdH), le Parlement de la Communauté française a débattu ce mardi 16 septembre, au lendemain de la journée mondiale de prévention du suicide, sur ce thème. Pour alimenter les débats, les parlementaires se sont appuyés sur un rapport introductif rédigé sur le sujet par deux expertes, Christiane Bontemps (Institut wallon pour la santé mentale) et Christelle Senterre (école de santé publique de l'ULB).
Le rapporteur, Marc Elsen, a commencé par présenter le rapport sur cet enjeu majeur de santé publique. Il a particulièrement insisté sur :
- l'ampleur du phénomène : la Belgique se situe dans la catégorie de pays où le taux de suicide est considéré élevé. Une analyse des données de mortalité de 1987 à 1997 montre qu'environ 2000 Belges se sont, en moyenne, suicidés chaque année.
- sa complexité : il n'existe, en effet, pas un profil-type de personnes suicidaires ou des circonstances-types qui mènent au suicide. Le phénomène est beaucoup plus complexe et est le résultat d'une conjonction de facteurs, de caractéristiques personnelles, d'éléments extérieurs qui interviennent et interagissent à un moment donné, et peuvent déboucher sur un suicide.
- l'importance des facteurs de protection qui aident à faire face aux facteurs de risque et permettent ainsi d'éviter qu'une personne en arrive à se suicider, en particulier l'estime de soi et le support social.
- les différentes initiatives prises pour promouvoir la prévention du suicide, notamment par la Communauté française. L'on notera en particulier la Déclaration de Politique Communautaire, le Plan quinquennal de la promotion de la santé ainsi que la Plan de prévention des traumatismes et de promotion de la sécurité. Pour ce qui concerne les acteurs dont le travail contribue à une prévention globale et au développement de l'estime de soi, la Communauté française a donné à certains des services qu'elle institue par décret, une mission spécifique de prévention. Il s'agit des SPSE, CPMS et AMO. D'autres services ne sont pas institués par décret mais oeuvrent néanmoins dans la même perspective suicide et reçoivent un soutien financier de la Communauté française. Enfin, à côté de ces acteurs spécifiques identifiés, de nombreux intervenants jouent un rôle important en la matière. Je pense particulièrement aux travailleurs de l'ONE, de l'Aide à la jeunesse, des SAJ, aux animateurs d'organisations de jeunesse et centres de jeunes.
A l'issue de cet exposé introductif, différents représentants de tous les groupes politiques ont enrichi le débat de leurs constats, réflexions et pistes d'action concrètes.
Il ressort spécialement de ce débat que :
- un outil statistique performant et fiable fait défaut au niveau de la Communauté française pour évaluer précisément les actions mises en place et leur impact. Il est donc indispensable d'accélérer les mesures qui ont déjà été prises pour résorber le retard accumulé.
- de nombreuses initiatives et actions sont déjà mises en œuvre tant par les acteurs de terrain que par les pouvoirs politiques. Une bonne coordination et collaboration entre ces différents champs d'action, quel que soit le niveau de pouvoir concerné, restent cependant indispensables pour atteindre une efficacité maximale.
- les médias jouent un rôle important dans la prévention du suicide. Celui-ci peut être négatif lorsque les médias relatent des faits de suicide, dans les détails, ce qui peut présenter un effet d'entraînement. En revanche, des émissions de prévention, de sensibilisation et d'explication du phénomène du suicide peuvent s'avérer très positives. L'éducation aux médias, qui a été l'objet d'un récent décret, et des compléments adéquats de formation des futurs journalistes doivent donc être encouragées.
- la prévention doit être axée sur les jeunes, par le bais du cadre scolaire, de l'aide à la jeunesse et de la valorisation sociétale des jeunes. Elle doit également être dirigée vers les aînés, par le biais, entre autres, de la lutte contre l'isolement social.
- les tentatives de suicide qui ne doivent pas être sous-estimées, sont des signes de détresse qui, souvent, entraînent des récidives. Elles doivent donc être prises en charge en tant que telles et accompagnées de manière adéquate en milieu hospitalier et en dehors.
- la formation et l'accompagnement des professionnels de première ligne sont fondamentaux pour garantir la qualité de l'accueil et de l'écoute des personnes en détresse, ou tout simplement dans l'optique d'une vigilance quotidienne.
- il y va de la responsabilité politique, des acteurs de terrain mais aussi de la responsabilité collective.
Ce riche débat est le départ d'actions concrètes à réaliser rapidement.
Le compte-rendu intégral de la séance plénière est disponible sur www.pcf.be, sous le CRI n° 27 (2007-2008)
Le rapport introductif est disponible sur www.pcf.be sous le n° 580 (2007-2008)
Renseignements - Parlement de la Communauté française de Belgique – Wallonie-Bruxelles
Service des relations publiques
Marie-Christine Rottiers
02/506.39.21