La Communauté française fête aujourd'hui son anniversaire. Au nom du Parlement je vous remercie tous de votre présence.
Notre Communauté s'intègre pleinement au sein du fédéralisme belge. Elle démontre, depuis des décennies, sa nécessité en faisant valoir les intérêts et la solidarité de tous les francophones de Wallonie et de Bruxelles.
Le 27 septembre est à présent une fête bien que son origine ait été douloureuse pour des milliers d'hommes combattant à quelques pas d'ici pour l'indépendance nationale en 1830. Nous ne l'oublions pas.
Le 27 septembre est aussi l'occasion de nous interroger sur notre spécificité et ce que nous représentons au sein de la Belgique. Le passé et le futur.
En ces jours de fête, tout d'abord, je me réjouis particulièrement du succès de toutes les manifestations organisées à cette occasion, depuis les journées portes ouvertes du Parlement et du Gouvernement, qui ont connu une affluence record, jusqu'à la visite de 300 écoles par les parlementaires, en passant par les festivités de Liège, rehaussées par la présence de LL. MM. le Roi et la Reine, et le succès du Concours international de Chant de Verviers dont vous pouvez apprécier la haute valeur au travers des lauréats qui sont venus jusqu'ici et que je remercie vivement !
Examen de conscience à présent. Pour les francophones du Royaume de Belgique, il y a donc un Etat fédéral, deux régions (Bruxelles et la Wallonie) et une Communauté. La complexité apparente est le prix de la reconnaissance de chacun.
Le Parlement de la Communauté française que je préside depuis presque un an, et les autres Parlements de notre pays, symbolisent la démocratie c'est-à-dire la représentation des citoyens. Notre Parlement se compose de députés venant de deux autres parlements régionaux. Simplification essentielle que je veux souligner pour compenser l'aspect de complexité que constitue l'existence de trois parlements. Je me réjouis d'ailleurs de l'excellent esprit qui existe et que je veux souligner entre les présidents de toutes les assemblées parlementaires.
Notre Parlement se veut un haut lieu de débat et de réflexion dans le cadre des compétences dévolues à notre Communauté.
Parmi celles-ci, il en est une qui est très chère à notre cœur et à notre raison. Celle de l'éducation.
Notre système scolaire devait s'améliorer de toute évidence. Le « Contrat pour l'Ecole » qui nous a été soumis constitue je l'espère une réponse aux aspirations des citoyens, et un élément essentiel pour le futur de la Communauté française. Il est de notre intérêt à tous qu'il réussisse.
Les toutes premières mesures de ce contrat sont déjà mises en œuvre. Il est évident que d'autres dispositions suivront puisque ce plan ambitieux se projette dans la politique scolaire jusqu'en 2013.
Je voudrais insister sur la forme et la méthodologie utilisées. Car plus qu'un simple projet, c'est une réponse aux besoins criants du système scolaire qui est mise en oeuvre.
En sollicitant sur le terrain les citoyens, les jeunes, les familles, les enseignants, en les invitant à apporter leur pierre à l'édifice scolaire, en leur donnant ainsi l'occasion de s'exprimer, d'être entendus et surtout de contribuer ensemble à l'œuvre finale, j'espère que la Communauté française remplit ainsi pleinement son rôle.
Mesdames, Messieurs,
Parce qu'elle a en charge l'enseignement, la politique culturelle et audiovisuelle, la création et les infrastructures artistiques, le sport et l'éducation physique, l'éducation permanente, la politique de la jeunesse, l'aide sociale, la politique de l'enfance ainsi que la défense et la promotion de la langue française et nos relations internationales, la Communauté française assume toutes ses prérogatives dans un esprit qui conduit à l'émancipation de la personne humaine. Les personnes sont donc au centre de toutes nos préoccupations. Quelle plus noble ambition ?
Cette émancipation ne se décrète pas. Elle constitue un travail incessant et sans cesse renouvelé, une volonté qui requiert la mobilisation de tous nos savoirs et de toutes nos énergies.
La recherche, et la recherche fondamentale en particulier, reste à cet égard un outil indispensable tant il est vrai que notre monde évolue à une vitesse jusqu'à présent inconnue. Je ne m'attarderai pas sur les innovations théoriques et pratiques qui marquent tous les jours notre actualité. La recherche pour une Communauté comme la nôtre qui a misé sur la société du savoir, est tout simplement vitale. Et nous savons tous que la recherche scientifique alimente la recherche appliquée, indispensable à la création de richesses dans les régions.
La politique culturelle, quant à elle, est nécessaire à l'éveil et à l'épanouissement de nos citoyens. J'aimerais à ce propos réitérer tout l'attachement que j'y porte mais aussi et surtout mon appréhension quant aux négociations actuelles au sein de l'OMC. Personne d'entre nous ne voudrait voir, à l'avenir, la culture régie uniquement par les seules lois du marché et de la concurrence.
A ce sujet, les négociations en cours au sein de l'Unesco à propos d'une « Convention Internationale relative à la protection de la diversité des contenus culturels et artistiques » ont toute leur importance puisqu'il s'agit de défendre l'identité et la créativité de toutes les cultures ! En effet, une fois en vigueur, la Convention permettra aux Etats signataires de se prévaloir de ce texte pour adopter des mesures de soutien à la création et à la diffusion.
La Communauté française s'est toujours engagée fermement en faveur de la défense et de la promotion de la diversité culturelle, tant sur le plan national qu'international. Ce principe a été réaffirmé avec force lors de la 31ème session de l'Assemblée Parlementaire de la Francophonie qui s'est déroulée en juillet dernier à Bruxelles.
Par ailleurs, grâce aux « Etats généraux de la culture » initiés par le gouvernement, il a été possible d'interroger les acteurs de terrain, d'entendre leurs griefs et leurs attentes. Ces Etats Généraux devraient aboutir prochainement, je l'espère, à un projet concret redéfinissant l'action publique dans ce domaine. Ce sera un rendez-vous important pour notre Parlement.
La culture et l'audiovisuel étant liés, je me permets d'évoquer brièvement le contrat de gestion de la RTBF qui arrive bientôt à son terme. Le Parlement de la Communauté française devrait recevoir dans les prochaines semaines les éléments constitutifs du nouveau contrat de gestion. Ce sera l'occasion de mener un débat attendu et que je souhaite serein et constructif pour l'avenir de notre radio et notre télévision francophone de service public. Au niveau local, les douze télévisions de notre Communauté devraient aussi recevoir leur contrat de gestion. Ce contrat des télévisions locales devrait permettre d'instaurer une relation réaffirmée entre les opérateurs locaux et la Communauté française. Ce document permettrait ainsi de formaliser les fonctions de service public des télévisions locales et de donner un cadre juridique clair à des acteurs de notre paysage audiovisuel qui méritent d'être reconnus et soutenus en fonction de leur audience.
Mesdames, Messieurs,
Ces derniers mois, après le « contrat pour l'économie et l'emploi » de la Région bruxelloise, le Gouvernement de la Région wallonne a adopté des « Actions prioritaires pour l'avenir » (dit plan Marshall). Ces plans de relance régionaux ne doivent pas laisser la Communauté française indifférente. Bien au contraire : il doivent nous inciter à redoubler d'efforts !
Ainsi, la recherche, par exemple, est définie comme un des axes prioritaires dans le plan wallon. On sait que la recherche est le pré requis pour toute innovation qui peut conduire à une application et donc à des créations d'emplois. La complémentarité est évidente avec les efforts de la Communauté française si nous voulons nous inscrire très volontairement tant dans le redressement d'une Wallonie qui veut « gagner » à nouveau que dans les objectifs européens de Lisbonne, en voulant faire de l'Union Européenne l'économie la plus compétitive et la plus dynamique du Monde d'ici 2010.
Ces investissements dans la recherche ne pourront qu'être bénéfiques pour les Universités et les Hautes Ecoles. Nos Universités pourront parfaire leur qualité grâce aux programmes d'excellences et aux pôles de compétitivité qui seront améliorés. La grande qualité de notre enseignement couplée à une recherche performante permettra un rayonnement encore plus fort de la Communauté française.
Nous devons me semble-t'il nous féliciter du lien renforcé entre la Région Wallonne et notre Communauté. Je retiens particulièrement la volonté affichée par les deux gouvernements d'éviter les doublons et de jouer à fond la complémentarité.
Ces liens privilégiés et ces nécessités vitales valent évidemment de la même manière et avec la même intensité pour la Région de Bruxelles-Capitale.
Il convient à cet égard d'être particulièrement attentif à tenir compte de ce que les deux régions, Bruxelles et la Wallonie, attendent de la Communauté française…
Le rôle de la Communauté française au sein de la Belgique fédérale est fondamental. Mais nous avons également une place de choix à défendre sur la scène internationale. Nos relations interparlementaires avec d'autres parlements nationaux, en Afrique par exemple, mais aussi sur les autres continents ont été renforcées et contribuent incontestablement à la reconnaissance de la Communauté française de Belgique au niveau international.
Au sein de la Francophonie, notre Parlement, je vous le disais précédemment, a été l'hôte en juillet dernier de la 31ème Session de « l'Assemblée Parlementaire de la Francophonie », haut lieu de dialogue des parlementaires francophones du Monde entier. C'est la première fois que Bruxelles accueillait une manifestation parlementaire de la Francophonie de cette importance. Ce fut une grande reconnaissance et un grand succès pour notre Parlement mais aussi pour Bruxelles, capitale de la Francophonie mondiale pendant une semaine.
La grande qualité du travail accompli et l'apport pour la Francophonie ont été salués par les –très- nombreux parlementaires et délégués venus du Monde entier. Nous avons également pu accueillir à cette occasion le « Parlement francophone des jeunes », une Assemblée composée de jeunes francophones des cinq continents. Un souvenir inoubliable pour tous les participants, notamment lors de la remise au Président Abou Diouf du Livre Blanc des Jeunes francophones du Monde entier ! Je remercie les télévisions locales de Wallonie et de Bruxelles d'y avoir consacré une émission spéciale.
En Belgique, notre Communauté se trouve au centre d'un Etat fédéral en évolution, qui peut paraître complexe mais qui a répondu jusqu'à présent à la réalité politique de notre pays. Le fédéralisme est toujours bien nécessaire, la solidarité entre nos Régions et Communautés est source d'avenir pour la Belgique toute entière. Nous fêtons cette année les 175 ans de l'Etat belge et les 25 ans du fédéralisme. Permettez-moi de préciser que le Parlement de la Communauté française commémore, quant à lui, ses 35 ans d'activités parlementaires au sein de notre fédéralisme.
Le « 175/25 » est tourné vers l'avenir et nous fait comprendre toute la richesse culturelle de notre pays mais aussi notre grande capacité au dialogue et à la rencontre. Notre Communauté se veut plus que jamais ouverte et tournée vers l'avenir au sein de notre Etat fédéral. Je pense qu'une Communauté française qui réussit, qui est vivante et active, qui répond le mieux possible aux besoins de ses citoyens et qui accomplit pleinement ses compétences constitue un élément fondamental pour l'équilibre et la pérennité de l'Etat belge tout entier.
Une Communauté française ouverte et qui constitue un pont symbolique entre la Wallonie et Bruxelles. Un pont qui est un lieu de passage et d'échanges entre nos deux Régions. Un pont qui ne sépare pas deux rives mais qui les réunit. Un pont qu'il faut impérativement emprunter si l'on veut aller plus loin !
Mesdames et Messieurs, la Communauté française est ce pont qui peut permettre de mieux nous rassembler en route pour l'avenir et celui de nos enfants ! Les synergies entre Bruxelles et la Wallonie passent ainsi par la Communauté française. Une Communauté, haut lieu de la solidarité pour tous les francophones, de Wallonie, de Bruxelles, et d'ailleurs, en Belgique et dans le Monde !
Un vrai trait d'union ouvert aussi vers les autres Communautés de Belgique.
A ce propos, je me réjouis des efforts redoublés pour l'apprentissage des langues et la promotion d'échanges d'étudiants entre écoles de communautés différentes. La connaissance de la langue des autres est non seulement nécessaire pour notre avenir économique, mais surtout facteur de tolérance et de compréhension dans notre Royaume multiculturel !
« Une Communauté qui s'exprime est une Communauté qui vit » disait le regretté Pierre Rapsat. Comment ne pas retrouver notre Communauté française à travers ces paroles, une Communauté qui effectivement s'exprime et vit ! Je dirais même une Communauté qui ose !
Bonne fête à la Communauté française de Belgique et bonne fête à vous !